ACCEPABILITÉ SOCIALE ET CONSULTATION PUBLIQUE : Deux Concepts de développement urbain non-implémentés en Afrique

27 janvier 2024

ACCEPABILITÉ SOCIALE ET CONSULTATION PUBLIQUE : Deux Concepts de développement urbain non-implémentés en Afrique

La croissance économique et du Produit Interne brut (PIB) de plusieurs pays africains laissent croire à une émergence du continent dans un horizon de 15 à 30 ans selon les avis d’experts. Cependant, il n’y a plus d’ombre que l’apparition au jour le jour des grandes infrastructures urbaines qui grattent les cieux de plusieurs métropoles est une preuve tangible des avancées économiques des quelques pays africains. Cependant, la grande préoccupation reste à savoir si réellement toutes ces émergences accompagnent la volonté populaire ou encore toutes ces infrastructures qui naissent chaque année répondent aux préoccupations du peuple voire même à celles des ONG et association des environnementalistes qui devraient normalement donner leur avis sur le développement durable. C’est ainsi qu’intervient les concepts acceptabilité sociale et consultation publique. Ces deux concepts sont interconnectés car ils résultent de la volonté ou l’avis du peuple sur la quintessence d’un projet qui peut drastiquement changer les concepts, la morphologie, le patrimoine, les attributs historiques et sociales des villes ou des municipalités.

Illustration d’un exercice de consultation publique.

Aujourd’hui dans des grandes villes et municipalités des pays développés, les grands projets d’exploration ou d’exploitation des infrastructures urbaines ne peuvent jamais s’exécuter sans pour autant passer par l’acceptabilité sociale et à la consultation publique. C’est ainsi qu’on peut citer le cas de plusieurs projets dans le monde où ces concepts ont été appliqués. Au Canada par exemple en 1967 à l’EXPO 67 à Montréal, un grand projet transformateur qui a eu un impact économique positif avec la participation des bailleurs de fonds a été approuvé par consultation publique. En France à Lyon en 2022, le projet de la ligne téléphérique  liant les villes de Francheville, Sainte-Foy-Lès-Lyon, la Mulatière) qui n’a passé à la consultation publique suite aux enjeux environnementaux.

La population dit non au projet de télépherique à la consultation publique

En Afrique, ces concepts existent mais applicables que pour des raisons politiques et électoralistes. Pour la majorité des pays africains, les uniques moments qu’on pense à l’acceptabilité et à la consultation publique c’est pendant les élections pour se choisir les nouveaux dirigeants ou soit pendant le referendum pour avoir l’avis du peuple sur la modification de la constitution. Mais, en aucun moment nous avons vu une consultation publique se faire sur des projets de développement pour savoir évaluer leurs impacts sociaux et se rendre compte si le peuple approuve certains projets ou programmes proposés par les gouvernants au regard des enjeux socio-économiques qui le représentent. C’est pour cela qu’il y a toujours d’écarts observés entre certains projets et les réels besoins ou urgences sociétales du peuple.

Illustration de la population qui est en desaccord avec un sujet.

ACCEPTABILITÉ SOCIALE et LA CONSULTATION PUBLIQUE

La consultation publique est avant tout un exercice de vision où la population est invitée à s’exprimer sur les prochaines étapes de développement du la ville ou de la municipalité à l’horizon 5, 10, 15 ou 30 ans. Cette démarche s’inscrit dans une perspective de réappropriation et de mise en valeur des attributs de l’espace qu’elle occupe ou qui lui appartient.

Les consultations publiques peuvent être organisées à divers niveaux, que ce soit au niveau local, régional, national ou même international. Elles sont couramment utilisées dans des domaines tels que l’urbanisme, l’environnement, la santé publique, les politiques gouvernementales, et d’autres domaines où les décisions affectent directement la vie des citoyens.

Dire oui ou non

Sachant que chaque projet a toujours des effets sur la communauté locale, L’acceptabilité sociale à son tour est le résultat d’un jugement collectif, d’une opinion collective, à l’égard d’un projet d’exploitation ou d’exploration, d’un plan ou d’une politique. L’acceptabilité sociale peut concerner tous les types de projets, petits ou grands, qu’il s’agisse de développement résidentiel ou industriel, de projet de parc éolien, de mine, d’exploration des hydrocarbures ou de projet récréotouristique, pour n’en nommer que quelques-uns. C’est ainsi que les promoteurs ou décideurs de ces projets doivent se rassurer que la population est complétement informée sur les enjeux et les risques du projet et qu’ils peuvent participer activement aux discussion relatives au projet.

Voici quelques aspects importants à considérer dans l’Acceptabilité sociale :

  1. Consultation publique : Impliquer la population dans le processus décisionnel en recueillant ses opinions et en tenant compte de ses préoccupations.
  2. Communication transparente : Fournir des informations claires et transparentes sur les projets ou les actions envisagées afin que le public puisse prendre des décisions éclairées.
  3. Respect des valeurs culturelles : Assurer que les initiatives respectent les valeurs culturelles, les croyances, les normes et les traditions de la communauté concernée.
  4. Avantages partagés : S’assurer que les avantages découlant d’une action ou d’un projet sont répartis équitablement dans la société.
  5. Gestion des risques : Identifier et gérer de manière proactive les risques potentiels associés à une action ou à un projet.
  6. Durabilité : Promouvoir des pratiques durables qui minimisent les impacts négatifs sur l’environnement et la société.

Le peuple s’exprime

Pour y parvenir, il est primordial de créer tant au niveau national, Provincial que urbain des structures pouvant mener à atteindre toutes les couches de la population qui seront représentées  par des commissions communales, des associations et ONG, des groupes de pression, des environnementalistes, des fondations et des mouvements citoyensdans le but de recueillir leur opinion. In n’est pas à exclure des parties prenantes, des partenaires et divers intervenants interpellés par l’objet de la consultation. À la fin de la consultation, l’entité responsable de l’organisation produira un rapport sur le compte-rendu de la consultation publique. Ce rapport sera constitué de trois chapitres : Le premier décrira l’objet et la démarche de la consultation mise en place par la structure organisatrice. Le second rassemblera les préoccupations et les opinions exprimées par les participants et le troisième sera consacré à l’analyse de la commission et ses recommandations.

Les commissions se forment !

L’acceptabilité sociale est un élément important à considérer dans la planification et la mise en œuvre des projets, car elle peut avoir des implications sur la réussite et la légitimité de ces initiatives au sein de la société. C’est pour cela que les entreprises, les gouvernements et les organisations doivent cherchent souvent à évaluer et à garantir l’acceptabilité sociale de leurs actions pour favoriser une relation positive avec la communauté.

L’objectif ultime de la consultation publique est de favoriser une prise de décision plus démocratique, inclusive et représentative, en intégrant les perspectives et les préoccupations de la population dans le processus décisionnel. Si ces concepts commencent à émerger en Afrique, nous sommes convaincus que plusieurs projets et programmes pourraient être en phase avec les réalités quotidiennes de la population. Cela pourrait d’une matière ou d’une autre accélérer notre émergence parce qu’actuellement, des nombreux projets sont exécutés sans pour autant être des urgences attendues par la population. C’est pour cela qu’on retrouve des fois des écoles qui coûtent chères dans des arrondissements de la population à faible revenu et cela finit par générer des éléphants blancs. Donc il est besoin d’appliquer ces concepts pour maximiser les chances d’avoir des sociétés actives et dynamiques.

Étiquettes
Partagez

Commentaires

Destn Konde
Répondre

Merci cher M.ing Aaron Matala pour cet article intéressant.
C'est vrai qu'il est primordial pour les promoteurs de projets et les autorités de faire usage de l'acceptabilité sociale comme un levier pour recueillir les avis et les vraies attentes des citoyens. Cette démarche permet d'intégrer tous les éléments pertinents évoqués par la population, censée être le premier bénéficiaire direct du projet, afin de permettre une intégration parfaite du projet dans le milieu et susciter un sentiment d'appropriation au sein de la communauté.
Cependant, le concept d'acceptabilité sociale n'a toujours pas que des avantages. Il a aussi ses controverses qui doivent être préalablement considérées par les promoteurs et autorités politiques des pays émergents qui veulent adopter cette démarche. Dans le cas de très grands projets et des innovations qui représentent des intérêts et enjeux multiples, il est important de se poser certaines questions: Telles que comment assurer la légitimité si l’assentiment des citoyens n'est toujours pas atteint?
Est-ce qu'il faut recourir à la règle de la majorité gagnante?

Ce qui est évident, c'est que trouver un terrain d'attente entre plusieurs interlocuteurs ayant une vision opposée sur le projet, n'est pas un exercice trivial. Il est parfois techniquement impossible d'intégrer toutes les demandes faites par la partie opposée, dans la conception et la réalisation du projet. Je ne saurai dresser une liste exhaustive des plausibles réponses à toutes ces questions, mais le champ reste grandement ouvert à la proposition des idées novatrices. On pourrait par exemple, recourir à une forme de cour supérieure composée des experts indépendants(sans intérêt direct au projet) avec de profils multidisciplinaires (sociologue, ingénieurs, archéologues, environnementalistes, etc.), qui pourraient statuer sur l'approbation ou non d'un projet, au cas où le contentieux continue de persister entre promoteurs et citoyens.

Aaron Winter
Répondre

Merci Beaucoup cher frère, il est évidemment que cette analyse vient d'un expert du domaine. Vous avez complètement créver l'abcès sur les avantages et les désavantages de ces concepts. Le plus important reste le fait de promouvoir un dialogue permanent entre les décideurs et la population en vue de juger l'opportunité et la quintessence d'un projet sur le plan socio-economique et environnemental. Certes, il sera toujours difficile de se mettre d'accord sur l'intégration de toutes les préoccupations du peuple mais, dans la plupart des cas, on pourrait facilement obtenir plus de la moitié de ce qu'exige le peuple ainsi on peut se réjouir d'exécuter des projets qui représenteront la volonté populaire. Nonobstant cela, dépendant de la nature et l'envergure d'un projet il est besoin de toujours penser au dialogue au travers de ces deux concepts ou à multiples échelons comme vous venez de le proposer et crois moi qu'on sera dans une démarche qui mettra en exergue la satifistaction de l'usager principal du projet. Toutefois, essayons d'abord d'interioriser ces deux concepts dans nos systèmes de conception et gestion de projets, ainsi nous pourrons les approfondir, les améliorer et les perfectionner au fil du temps suivant nos réalités sociétales à partir de l'implémentation des projets de nature et envergure variées.