L’origine des embouteillages à Kinshasa
Les embouteillages à Kinshasa constituent un phénomène complexe à variation temporelle et spatiale. Ils occasionnent une réduction importante de la vitesse moyenne et, le plus souvent, une circulation discontinue augmentant ainsi le temps de parcours qui finit par contribuer à l’augmentation de la pollution atmosphérique, des émissions de gaz à effet de serre et des accidents, de même qu’ils causent une usure prématurée des routes. Dans ce billet je vous explique les facteurs qui sont à la base de ce phénomène.

Les embouteillages affectent la productivité des plusieurs employés qui arrivent souvent en retard au travail et souvent épuisés et très fatigués. De même sur le chemin de retour, ils arrivent à la maison tardivement et n’ont assez de temps pour se reposer.
La surcharge du réseau routier
En général, dans les grandes mégapoles africaines et plus particulierement à Kinshasa, ce problème devient récurrent car il est accentué par la croissance non planifiée et l’urbanisation rapide qui n’a pas été accompagnée par une expansion adéquate des infrastructures routières, ce qui crée un décalage aigu entre l’offre et la demande.
La surcharge du réseau routier est également liée à la densité de véhicules, lorsque le nombre de véhicules dépasse la capacité d’une route, ce qui crée des ralentissements. Ce phénomène est fréquent pendants les heures des pointe suivant les réalités quotidiennes Kinoises.
La mauvaise projection de l’urbanisation contribue également à l’apparition de ce phénomène. La sectorisation et le zonage urbanistiques des points d’intérêt public se sont fait suivant une distribution uniforme et monodirectionnel sur le réseau routier kinois. C’est à cause de cela que le matin l’objectif de tout le monde est d’atteindre Gombé qui est un grand centre commercial où se concentrent la quasi totalité des activités d’intérêt public.

Des infrastructures insuffisantes
On constate un manque d’alternatives pouvant pousser les usagers à prendre les transports publics dans le but de diminuer le nombre de véhicules personnels sur le réseau routier kinois.
L’absence d’une bonne signalisation routière ainsi que des routes mal conçues (intersections mal pensées, les voies trop étroites ou un nombre insuffisant de sorties, des biefs de secours ou encore des routes secondaires).
La répartition modale non diversifiée c’est-à-dire manque de de diversification des modes de transports utilisés pour le déplacement dans la ville. Par exemple à ce jour à Kinshasa, les déplacements s’effectuent le plus souvent par automobiles et motos qui empruntent tous le même trafic ce qui finit par surcharger les réseaux routiers. L’infrastructure ferroviaire est quasi inexistent et sans entretien.
Les comportements humains
La mauvaise formation des conducteurs kinois génère des embouteillages. Parmi ces facteurs on cite :
- Conduite inadaptée : freinages brusques, hésitations ou changement de voie fréquents qui provoquent des ondes de choc dans le trafic.
- Non-respect de la signalisation routière : improvisation des débarcadères sur la voie de circulation, les dépassements inappropriés etc.
- Accidents et incidents provoqués par les usagers créent des blocages temporaires, même mineurs, en réduisant la capacité des voies.
- Pannes de véhicules par manque d’évaluation mécanique avant d’emprunter le réseau routier et certains travaux mal projetés (manque de plan de circulation secondaire et des détours pendant les travaux) sur le réseau routier contribuent également à l’alourdissement de la congestion.
- Curiosité des conducteurs : Lors des accidents ou d’incidents, les conducteurs ont souvent tendance à ralentir pour alimenter leur curiosité d’observation de ce qui s’est passé.
Les facteurs externes aux embouteillages
Parmi les facteurs externes qui peuvent facilement provoquer la congestion on cite :
- Les manifestations, défilés, les événements sportifs ou culturels attirent de grandes foules et désorganisent le trafic. Par exemple, le jour du match, concert ou croisade religieuse au Stade de martyrs, le trafic est affecté sur les avenues Sendwe, Kasa-vubu, 24 novembre, le boulevard triomphal ainsi que les environs.
- Les conditions météorologiques : la pluie qui reste un aléa météorologique de triste mémoire pour une bonne frange de la population kinoise. Il n’est guère une nouveauté pour la population kinoise après la pluie, les conditions de trafic et de mobilité urbaine deviennent catastrophiques.

La planification de l’opérationnalisation de la mobilité urbaine et durable permettrait de limiter les embouteillages dans les différentes artères de la matrice de transport urbain kinois.
Cependant, les solutions se projettent à court , moyen et long terme, de manière à diminuer graduellement le problème. Les solutions à court terme pourraient devenir des vrais casse-têtes dans un futur proche. Dans nos prochaines publications, nous reviendrons avec des solutions pratiques adaptées aux réalités de la mobilité urbaine kinoise.
Ir. Aaron Matala Muana Nkambu.
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