L’AFRIQUE, SANS UNIVERSITE DU PETROLE

L’Afrique, un « ancien nouveau venu » dans le domaine du Pétrole.

« Le pétrole est devenu un dieu : il a ses dévots, il a un culte » soulignait l’écrivain Maxime du Camp à la fin du XIXe siècle, alors que débutait la deuxième révolution industrielle. Il relevait alors le prodigieux intérêt porté à l’or noir qui allait devenir en quelques décennies à la fois la principale source d’énergie mais aussi la première marchandise commercée de la planète.

Partant de la dernière oeuvre litteraire de Frantz Fanon; “Les Damnés de la Terre”, nous nous rendons compte que nous continuons à être victimes du modele educatif et économique colonial qui limitait le colonisé à um certain niveau d’acquisition de connaissances et de biens à fin qu’il soit dependant de la Métropole.

Au regard de la tendance actuelle, la balance penche plus du coté d’une Afrique sans les Africains ; les institutions Africaines sont moribondes, l’assassinat du Colonel Kadhafi a sonné le glas de l’émancipation financière du continent, il y a une recrudescence des conflits manufacturés de scission. Si l’Afrique veut prendre son destin en main, il y a une petite fenêtre d’opportunités qui s’offre à elle, et elle doit agir vite, sinon ce qu’elle a comme petit avantage aujourd’hui représenterait un rêve qui va rapidement se transformer en un cauchemar dans le futur proche; le statut-quo actuel n’est pas non plus acceptable.

Succion du pétrole Africain par les grandes puissances

 

Pour mieux comprendre où on en est…

Les dirigeants Africains devront franchir des étapes décisives. Parmi ces étapes, la création des universités du Pétrole devrait avoir une place primordiale de choix  ; et pour maximiser leurs efficacités, Il serait préférable que ces universités soient à caractère régionale. Nous avons besoin de ces Universités afin de pouvoir réaliser sur le long terme l’objectif du contrôle de notre pétrole, depuis l’exploration jusqu’à la distribution en passant par la production et le raffinage, sans oublier le développement d’une industrie des produits dérivés du pétrole.

Ce qui est étonnant est que cela n’ait pas encore été fait. En observant à travers le monde l’on se rend compte que cela a été une décision naturelle presque partout où la nature a déposé l’or noir ; nous pouvons citer quelques exemples dans une liste non exhaustive:

Les grandes reserves du Pétrole au monde (Source: Jeune Afrique.):

  • le Venezuela avec 300,9 milliards de barils de pétrole, soit 24,8% des réserves prouvées mondiales ;
  • l’Arabie saoudite avec 266,6 milliards de barils (22,1 %) ;
  • le Canada avec 172,2 milliards de barils (13,1%) ;
  • l’Iran avec 157,8 milliards de barils (11,7%) ;
  • l’Irak avec 143,1 milliards de barils (8,5%).
  • Koweit avec 101 milliards de barils (8,1%)
  • Emirates Arabes Unis 97 milliards de barils (5,41%)
  • Russie 80 milliards de barils (4,0%)
  • Lybie 48 milliards de barils (3,1%)
  • Nigeria 37 milliards de barils (2,2%)
  • Etats-Unis 36 milliards de barils (1,73%)
  • Kazakhstan 30 milliards de barils (1,7%)
  • Qatar 25 milliards de barils (1,57%)
  • Chine 24 milliards de barils (0,88%)
  • Bresil 15 milliards de barils (0,82%)
  • Algerie 12 milliards de barils (0,76%)
  • Mexique 11 miliards de barils (0,61%)
  • Angola 8 milliards (0,55%)

L’actuelle puissance économique du continent, le Nigéria, a sû se positionner sur l’échiquier mondial en appuyant l’initiave privée dans le domaine pétrolier par le biais du DANGOTE GROUP, l’entreprise du mega milliadaire et l’homme le plus riche du continent; Ali Dangote.

La raffinerie de l’entreprise DANGOTE GROUP au Nigéria à Olokola

Les grandes Compagnies Pétrolières au Monde:

Compagnie                      Pays                      Capitalisation en $

1 Exxon Mobil USA 405.35
2 Petrochina Chine 291.08
3 Royal Dutch Shell Pays-Bas 226.73
4 Chevron USA 211.14
5 Petrobras Brésil 153.35
6 Ecopetrol Colombie 136.81
7 Gazprom Russie 134.42
8 BP Royaume-Uni 133.45
9 Total France 112.41
10 China Petroleum Chine 99.11

Source: Diploweb.com

L’Afrique comme d’habitude, toujours absente au rendez-vous.

Les grandes Universités du Pétrole et Gaz au Monde

University of Texas Austin (États Unis)

University of Pennsylvania (Etats-Unis)

University of Alberta (Canada)

Abu Dhabi Petroleum University (aux Emirats Arabes Unis)

COPPE-UFRJ, Federal University of Rio de Janeiro (Brésil)

CEPETRO-UNICAMP, University of Campinas (Brésil)

King Fahd University of Petroleum & Minerals (Arabie Saoudite)

Institut Français du Petrole (France)

Université Petrolière de Pekin (Chine)

Université de Géosciences de Wuhan (Chine)

Universidad del Zulia Facultad de Ingeniera (Venezuela)

University of Adelaide, School of Petroleum Engineering and Management (Australie)

La liste est interminable ; mais il est déjà à remarquer que presque aucune de ces puissantes institutions ne se trouve en Afrique ; l’Est du continent a un institut entièrement contrôlé par les compagnies étrangères et offre une formation assez limitée, la PIEA (Petroleum Institute of East Africa) et un autre centre de formation pratique en RD Congo; Institut du Petrole et Gaz (IPG) qui n’a aucune ligne de cherches dans le domaine par manque d’appui du Ministère de Recherches scientifique.

Le plus grands reservoir oceanique de Test offshore du monde à Coppe-UFRJ/Brésil

L’Afrique doit bien sûr rattraper son retard dans ce domaine dans le même temps, elle doit s’arranger à taper dans toutes ses autres ressources qui sont indispensables dans la mise en valeur de son pétrole, notamment les ressources humaines et énergétiques d’un côté, et la mise en valeur de ses terres fertiles de l’autre. Là dessus également l’Afrique a un potentiel énorme ; aujourd’hui, avec son milliard d’habitants, l’Afrique représente 1/7e de la population mondiale, d’après le rapport de 2013 du : African Economic Outlook, cette population va doubler à l’horizon 2050, de sorte que, un habitant sur cinq à ce moment la sur la planète sera Africain ; qui plus est, notre population est jeune ; environ 50% de la population a moins de 20 ans.

Afrique c’est mon histoire, c’est notre histoire. Prenons nous en mains et pensons à demain, à l’avenir de notre jeunesse.

A nous le Pétrole..

Appui: Forum Sud-Sud, COPPE-UFRJ, GEOSTRATEGIA, LACEO-UFRJ, CAMERONNVOICE.COM

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Aaron Winter
Jeune africain de la République Démocratique du Congo. Ingénieur civil et chercheur en Petrole et gaz à l'Université Fédérale de Rio de Janeiro au Brésil.

2 Des réflexions sur “L’AFRIQUE, SANS UNIVERSITE DU PETROLE

  1. Mes frères/sœurs africain(e)s, le temps est venu de prendre contrôle de notre héritage qui nous a été légué par nos ancêtres qui est l’Afrique. Comme mon héro national E.P. Lumumba avait prononcé cette phrase : »L’Afrique écrira sa propre histoire, il sera, au nord au sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité ». On a cette possibilité de prendre et mettre à pied notre continent qui a déjà subit plusieurs indignations de l’Occident où nous les étudions. Il ne revient pas seulement pour ceux qui font les cours du pétrole mais pour les autres domaines aussi. Je pense et crois à un changement radical de l’Afrique .

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